Velickovic
Vladimir Velickovic biographie
Vladimir Velickovic est né à Belgrade (Yougoslavie) en 1935 et est décédé en 2019 à Split (Croatie).
Il est diplômé de la Faculté d'architecture de cette ville. Le jeune homme se destine cependant à la peinture, il expose pour la première fois à 16 ans et réalise sa première exposition personnelle en 1963. Il travaillera à Zagreb dans l'atelier du peintre Krsto Hegedusic (1962-1963).
Velickovic reçoit le Prix de la Biennale de Paris en 1965, Paris où il s'installera l'année suivante. Il y sera révélé dès 1967 par une exposition à la galerie du Dragon et apparaît aussitôt comme un des artistes les plus importants du mouvement de la Figuration narrative.
Si les tous premiers essais datent de la jeunesse de l'artiste (linogravures et eaux-fortes des années 1952-53), son oeuvre graphique prend son véritable envol en 1968, année où Velickovic réalise ses premières sérigraphies. Très tôt, l'artiste participera à des manifestations internationales d'art graphique (Paris, Tokyo, Biennale de Ljubljana, Belgrade, etc.). Comme dans son oeuvre peint, le monde ténébreux et effrayant de Vladimir Velickovic contient en lui-même son antidote: la vitalité, la force et la dignité. L' oeuvre graphique de Velickovic se compose à la fois d'estampes isolées, mais aussi de très nombreuses planches réalisées dans le cadre du livre illustré (ou du portfolio) pour lequel on sait l'intérêt que porte l'artiste.
L'artiste représentera la Yougoslavie à la Biennale de Venise en 1972. Nommé professeur, il sera chef d’atelier à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris pendant 18 ans (de 1983 à 2000). Il a été, en 2007, Commissaire du Pavillon de la Serbie à la Biennale de Venise.
Au début des années soixante, Vladimir Vélickovic détermine les thèmes qui figureront de manière permanente dans son œuvre. Il peint des hommes ou des animaux (le plus souvent des rats ou des chiens) dont les corps sont confrontés à des situations dramatiques et terrorisantes. « Je tente avant tout de laisser une cicatrice dans la mémoire du spectateur du tableau » dit l'artiste. Velickovic a voué sa peinture à la représentation du corps; déchiré, mutilé, secoué par des douleurs atroces, voué à d’épuisantes courses sans issue, éventuellement métamorphosé en chien ou en rat, le corps de l’homme est un champ d’investigation inépuisable pour l'artiste.
Il témoigna encore et toujours, des désastres de la guerre. Bref, la vieille histoire du monde depuis Caïn, et donc l’inhumanité foncière des hommes dont il pouvait hélas parler savamment. N’avait-il pas vu, à six ans, les hordes nazies écraser Belgrade sous les bombes ? Puis des femmes pendues, écartelées, suppliciées ? Des chiens, des rats, des corbeaux faire festin de pauvres chairs dépecées ? Et n’avait-il pas vu, à l’automne de sa vie, lui, le Serbe, époux heureux de Maristella, une Croate, n’avait-il pas vu ses propres frères, des Yougoslaves, martyriser jusqu’au crime l’espérance d’une nation œcuménique ? Douleurs répétées, horreurs infinies que Vladimir Veličković s’était juré, en peintre combattant, de jeter continuellement sur la toile pour qu’elles ne fussent jamais oubliées. Telle était le sens de son œuvre : une démonstration, non point par l’absurde, mais par la force, par le trait, par les ombres, par le sang, des gouffres que la barbarie rouvre sans cesse. Vladimir Velickovic a réalisé de nombreuses expositions personnelles à travers l’Europe et reçu de prestigieux prix pour le dessin, la peinture et la gravure; membre de l’Académie Serbe des Sciences et des Arts, membre de l’Académie des Beaux-Arts - Institut de France, Vladimir Velickovic est Commandeur des Arts et des Lettres et Chevalier de la Légion d’Honneur.
Retenons l’enthousiasme universel que suscitait cet artiste serbe, membre de l’Institut de France (il avait été élu en 2005 au fauteuil de Bernard Buffet), dont l’œuvre incomparable est désormais déployée dans quatre-vingt-dix-huit musées sur la terre. Et s’il n’en fallait conserver qu’un exemple, ce serait l’image du rugueux Francis Bacon courant à Paris, dans les années quatre-vingts, pour découvrir le dernier accrochage de l’un des rares peintres qu’il respectait: notre cher, notre regretté Vladimir Veličković.
Moma à New-York
Tate Gallery à Londres
Centre Pompidou à Paris
Musée d’Art Moderne à Paris
MCBA à Lausanne






